mercredi 20 septembre 2017

Journées du Patrimoine en Sarthe

Bonjour,

Malgré le temps maussade de ce weekend, nous n'aurions pas aimer manquer l'occasion de découvrir les trésors de notre patrimoine local.
C'est sous une pluie battante, que nous sommes donc partis vers le nord Sarthe pour visiter le château de Sillé-le-Guillaume (je consacrerai mon prochain article à ce sujet) ! Bien nous en a pris vu que le soleil a fait son apparition pour la visite des extérieurs !
Après, direction Fresnay-sur-Sarthe pour découvrir le Musée de la Coiffe !! 
Je n'avais jamais poussé la porte de ce petit musée et j'avoue que j'ai été éblouie par toutes ces merveilles ! 
En France, dans toutes les régions rurales, et ce jusqu'au début du XXème siècle, les femmes ont porté des coiffes tant pour le travail que pour les fêtes avant d'opter pour le chapeau.
Le patrimoine, ce n'est pas seulement les monuments mais aussi tous les métiers d'art qui ont eu leurs heures de gloire et qui ont presque disparu aujourd'hui mais qui arrivent parfois à perdurer grâce à des passionnées comme ces femmes qui animent ce petit musée.

Ce musée est situé dans une toute petite ruelle de la vieille ville médiévale près de la cave du Lion. 
La voûte de la (toute petite) cave du Lion en croisée d'ogives.

Toute une vitrine de coiffes sarthoises appelées les "Bise moi-vite" (ici vous aurez de plus amples détails sur les coiffes du Maine au cours de l'histoire).

En sarthois "biser" veut dire "embrasser" donc il s'agit d'une coiffe qui dégage bien le visage que l'on peut ainsi embrasser sans difficulté aucune !!!!
L'association a d'ailleurs pris le nom de cette coiffe "La Bise moi-vite" depuis 2007.
Magnifiques compositions florales pour ces coiffes en broderie de Lorraine.

Grandes et petites galettes de fête.

Un aperçu du musée compte une centaine de coiffes finement brodées. 
La plupart de celles-ci sont des dons que les lingères ont restaurées. 
Il y en a encore une bonne centaine à restaurer !!!
Depuis 2010, ces coiffes sont mises en valeur sur des marottes fabriquées à l'identique par les lingères.

Que de sophistication pour cette grande galette de fête !

Les cheveux (bien souvent peignés en chignon) étaient bien attachés dans cette Bise moi-vite !

Pourquoi 7 motifs ?
"Le chiffre SEPT est considéré comme le nombre parfait et correspond aux valeurs que représentent : le travail, la fidélité, l'amour des enfants, la religion, le courage, le dévouement et la sagesse.
La femme doit symboliser tout cela dans son foyer."

Bonnet de petit matin en haut et coiffe de deuil en bas.

La Gouline évoque le petit bonnet qui était porté par les femmes de condition modeste comme coiffe de travail.

Celle-ci au contraire, a sans doute été portée par une femme plus aisée vu la richesse de sa broderie et de sa dentelle.
Un très beau ruban de soie brodé pour agrémenter cette "Bise moi-vite".
Une jolie vitrine de petits bonnets d'enfants vient enrichir la collection du musée.

En haut une galette du Sud Sarthe qui a servi de coiffure de mariée. 
A gauche de celle-ci, on peut voir une grande galette aux 14 motifs (multiple du chiffre 7) ! 
En bas, une galette de 1910 portée à St Cénéri-le-Gérei (village dans l'Orne, aux confins de la Sarthe et de la Mayenne).

Sauriez-vous retrouver l'intruse ?

Il s'agit bien évidemment de cette très belle coiffe de Normandie trouvée dans un lot de coiffes offertes au musée que les lingères ont tenu à restaurer, même si elle n'est pas authentiquement sarthoise, à cause de sa grande beauté.

Une des plus anciennes coiffe du musée datant du début du XIXème siècle, aux ailes en basin (technique expliquée ici).
"La corporation des lingères qui travaillaient les linges fins a été fondée à la fin du Moyen Age. Dans chaque village de la Sarthe, jusqu'en 1930, les lingères assemblaient les différentes parties constitutives de la coiffe, puis les restauraient et les entretenaient."
"De nos jours, plus personne ne porte de coiffe mais celles du musée doivent faire l'objet de soins particuliers pour être exposées : blanchissage, amidonnage, mise en forme par des procédés complexes et délicats (paillage, tuyautage)."
Ci-dessus, des coiffes anciennes en restauration : technique du paillage droit. Autrefois, les lingères utilisaient des pailles de chanvre remplacées aujourd'hui par des pailles métalliques (jusqu'à 300 pailles).

Le matériel d'une dentellière aux fuseaux, précieuse s'il en est pour refaire des dentelles trop abîmées par le temps.

L'une des dernières Sarthoises à avoir porté sa coiffe qui a été offerte au musée par sa famille.

Et pour toutes celles qui veulent en savoir un peu plus, c'est par ici !!!


Prochainement, le musée déménagera dans un espace plus grand et plus accessible.

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